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Sauriez-vous comment réagir si un enfant vous révélait des violences sexuelles dont il est ou a été victime ?

Tout adulte est amené un jour à être le confident d’un enfant. Pensez aux relations privilégiées que vous avez avec les enfants de votre entourage. Que vous soyez parent, enseignant, animateur, voisins, assistant social, ou toute autre personne que l’enfant considère comme proche, vous pourriez un jour être la personne qu’un·e enfant choisit pour se confier.

Recevoir une telle confidence peut provoquer chez vous une surcharge émotionnelle: de la colère, de la peur, du dégoût, de l’incompréhension… Vous pouvez vous sentir dévasté, désemparé… A ce moment, le sol se dérobe sous vos pieds.

Il est aussi possible que vous réagissiez en doutant ou en minimisant ce que vous venez d’entendre… Ce qui est souvent une façon de se protéger d’une réalité difficile à entendre mais va fragiliser la confiance de l’enfant et retarder sa protection.

Quelle que soit votre réaction, sachez que vous n’êtes pas seul. La campagne #EnfantJeTeCrois se place à vos côtés pour vous guider pas à pas, vous aider à surmonter la sidération et vous donner les clés pour protéger l’enfant. Parce que la manière dont vous réagissez peut faire toute la différence ; vous êtes le premier maillon d’une chaîne de protection.

Cette campagne a été pensée pour les adultes et appelle à leur responsabilité mais si vous êtes un enfant qui lit ces lignes et qu’un autre enfant s’est confié à vous, parlez-en à un adulte de confiance ou appelez le www.103ecoute.be

Sauriez-vous comment réagir si un enfant vous révélait <b>des violences sexuelles</b>  dont il est ou a été victime ?

Réagir en 4 étapes

Si un enfant se confie à vous, votre rôle est d'accueillir sa parole avec bienveillance et de le croire. Voici les 4 choses à lui dire:
01.

« Je te crois et je te remercie de me faire confiance »

Votre rôle est de recueillir la confidence de l’enfant, pas de distinguer ce qui est vrai ou faux. Validez sa parole.

À ce stade, l’enfant a besoin de savoir que sa parole est prise au sérieux, sans être mise en doute, même si cela peut être difficile pour lui d’en parler.

02.

« Tu n'y es pour rien. »

Les enfants se sentent très souvent coupables ou honteux de ce qu’ils ont subi, notamment à cause des manipulations ou du chantage de l’agresseur. Il est primordial de décharger immédiatement l’enfant de ce poids en lui rappelant que la responsabilité repose uniquement sur l’auteur des faits. Rappelez à l’enfant qu’il n’a rien à se reprocher.

03.

« Personne n’a le droit de te faire ça, c’est interdit par la loi. »

L’enfant peut penser que la situation est normale. Rappeler l’interdit l’aidera à réaliser qu’une limite inacceptable a été franchie.

04.

« Je vais t’aider et nous allons faire en sorte que ça s’arrête »

Expliquez-lui, avec des mots adaptés à son âge, les actions concrètes que vous envisagez et les ressources qui existent. Proposez-lui ces actions en cherchant son accord plutôt qu’en les lui imposant. Notez dès que possible ce que l’enfant vous a confié, avec ses mots à lui. Vous n’avez pas à porter cette situation seul. Des professionnels sont là pour vous soutenir et vous conseiller.

Qu’est-ce que la violence sexuelle envers un enfant ?

La violence sexuelle envers un enfant est tout acte à caractère sexuel, ou toute tentative d’acte à caractère sexuel, délibéré, non désiré et non essentiel (qui n’a pas de justification médicale, hygiénique ou éducative légitime), commis sur un enfant (y compris à des fins d’exploitation) et qui entraîne ou risque fortement d’entraîner des blessures, des douleurs ou des souffrances psychologiques. (UNICEF, 2023) Elle peut être commise par toute personne, quelle que soit sa relation avec l’enfant, et dans n’importe quel contexte.

Elle peut être sans contact (ex: harcèlement sexuel, envoi d’images à caractère sexuel, chantage à l’image intime (“sextorsion”), ou sollicitation sexuelle d’un enfant via internet (“grooming”) ou avec contact (ex : viol, atteinte à l’intégrité sexuelle, c’est-à-dire attouchements ou actes sexuels imposés, sans nécessairement de pénétration).

Un enfant ne peut jamais être « consentant » face à un adulte. Sa réaction n’efface jamais la responsabilité de l’adulte. La loi belge est claire:

  • En dessous de 14 ans : aucun consentement possible
  • Entre 14 et 16 ans : un consentement mutuel n’est reconnu qu’entre jeunes dont l’écart d’âge ne dépasse pas 3 ans, jamais avec un adulte.
  • La majorité sexuelle est fixée à 16 ans.
  • En cas d’inceste : il n’y jamais de consentement possible, quel que soit l’âge.

Les violences sexuelles sur enfants sont des infractions pénales graves et punissables par la loi.

💡 Ces violences s’accompagnent rarement de contrainte physique : elles reposent sur un rapport de pouvoir asymétrique, où l’agresseur exploite la vulnérabilité et la confiance de l’enfant. Souvent, l’adulte se montre d’abord attentionné, isole l’enfant, instaure un « secret », puis utilise le chantage ou les menaces pour s’assurer de son silence.

💡 Certaines agressions signalées impliquent des auteurs eux-mêmes mineurs. Souvent, ces enfants reproduisent des violences subies ou traversent une profonde détresse. Ils nécessitent une prise en soins spécifique, pour interrompre ce cycle, sans qu’on leur accole prématurément une étiquette de “délinquant sexuel”.

Qu’est-ce que la violence sexuelle <b>envers un enfant ?</b>

Comment en parler avec des mots d'enfant ?

« Les violences sexuelles, c’est quand un adulte ou un enfant te montre des choses sexuelles, t’en parle, t’oblige à te montrer nu, te touche d’une manière gênante et sexuelle (fesses, sexe, bouche, poitrine, ou autour), ou t’oblige à le toucher ou à toucher quelqu’un d’autre de cette manière et que ça te met mal à l’aise ou te fait peur. Si ça arrive, tu peux en parler à une personne en qui tu as confiance.»

Comment en parler avec <b>des mots d'enfant ?</b>

Des conséquences dévastatrices

Les violences sexuelles subies pendant l’enfance ne sont pas de simples incidents dont on guérit facilement avec le temps. Elles peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé physique, mentale, sexuelle et sociale de l’enfant. Certaines difficultés peuvent persister à l’âge adulte, en particulier lorsque l’enfant ne reçoit pas le soutien et les soins dont il a besoin. (Organisation Mondiale de la Santé, 2026).

Elles peuvent se manifester à court terme (ex: blessures, choc émotionnel, troubles du sommeil, angoisses…) et à long terme (ex: dépression, troubles anxieux, conduites addictives, difficultés relationnelles, problèmes de santé persistants…).

Les recherches associent les violences sexuelles subies durant l’enfance à différentes difficultés possibles

  • Psychologiques : anxiété, dépression, état de stress post-traumatique, honte et culpabilité intenses, idées suicidaires.
  • Physiques : douleurs chroniques, migraines, troubles gastro-intestinaux, maladies cardiovasculaires, obésité, diabète.
  • Alimentaires : troubles du comportement alimentaire
  • Addictions : alcool, drogues, tabac
  • Sexuels et reproductifs : grossesses non désirées, infections sexuellement transmissibles, douleurs gynécologiques, hypersexualité ou évitement de la sexualité
  • Socio-économiques : difficultés scolaires et professionnelles, isolement, décrochage scolaire, précarité.

💡Les personnes ayant subi des violences durant l’enfance peuvent aussi présenter un risque accru d’être à nouveau victimes de violences plus tard.

💡L’enfant peut vivre une détresse psychologique. L’agresseur utilise souvent la manipulation, le secret, ou les menaces, ce qui peut amener l’enfant à se sentir responsable de ce qui lui arrive… Et cette honte peut paralyser sa capacité à demander de l’aide.

Des conséquences <b>dévastatrices</b>

Conseils : attitudes à favoriser

Si un enfant vous confie qu'il a vécu de la violence, votre réaction compte beaucoup. Il ne sait pas encore si vous allez le croire, le soutenir, lui en vouloir... Souvent, il commence par dire juste une partie de ce qui lui est arrivé pour voir comment vous réagissez, avant d'en dire plus s'il se sent en sécurité avec vous. Bien réagir, ça protège l'enfant, et ça aide aussi, si une enquête a lieu plus tard.

Voici quelques conseils pour bien réagir si un enfant vous parle de violences qu'il a subies :

Restez calme. Si vous montrez une émotion très forte, surtout différente de ce que l’enfant attendait, ça peut le déstabiliser et rendre votre soutien moins efficace.

Écoutez attentivement. Laissez l’enfant s’exprimer avec ses propres mots. Vous pouvez l’encourager à poursuivre avec des questions ouvertes comme « y a-t-il autre chose que tu veux me dire ? »

Rassurez et soutenez-le, par exemple en disant : « c’est très courageux de ta part d’en parler, merci. », « Je suis désolé·e de ce qui t’est arrivé. », « Tu n’es pas seul·e, cela arrive à d’autres enfants aussi. », « Je ferai tout ce que je peux pour t’aider. »

Accueillez ses émotions, quelles qu’elles soient, sans les juger ni les minimiser.

Répondez simplement et honnêtement à ses questions. Par exemple, à « est-ce que [la personne désignée] va aller en prison ? », vous pouvez répondre : « Je ne sais pas, ce sont d’autres personnes qui décident de ça. »

Adaptez votre vocabulaire à son âge et à sa maturité. Vous trouverez des exemples pour vous y aider dans les “ressources complémentaires”, plus bas sur ce site.

Restez centré·e sur l’enfant. Évitez de commenter la personne qui a fait du mal ou la situation ; parlez plutôt de ce que l’enfant ressent et de ce qu’il attend de vous.

Ne faites que des promesses que vous pourrez tenir. Expliquez que certains secrets doivent être partagés pour obtenir de l’aide ou éviter que d’autres souffrent, et que l’information ne sera transmise qu’à des personnes qui peuvent aider à protéger l’enfant.

Notez ce que l’enfant vous a confié, dès que possible, pendant que ses mots sont encore frais dans votre esprit : la date, l’heure, le lieu, le contexte, comment l’enfant vous est apparu, et les mots et gestes qu’il a utilisés.

Respectez le rythme de l’enfant : permettez lui de raconter ce qu’il souhaite vous partager et n’insistez pas s’il s’arrête, change de sujet ou dit qu’il ne veut plus parler. Vous pouvez lui dire : « On peut s’arrêter là et en reparler plus tard si tu veux. Je suis là quand tu en as besoin. » L’enfant a besoin de se sentir en contrôle de sa parole pour avoir confiance.

Ces suggestions sont directement inspirées d’outils créé par le GAMS , le FCPPF & l’OMS

Conseils : attitudes à éviter

Si un enfant vous confie qu'il a vécu de la violence, votre réaction compte beaucoup. Il ne sait pas encore si vous allez le croire, le soutenir, lui en vouloir... Souvent, il commence par dire juste une partie de ce qui lui est arrivé pour voir comment vous réagissez, avant d'en dire plus s'il se sent en sécurité avec vous. Bien réagir, ça protège l'enfant, et ça aide aussi, si une enquête a lieu plus tard.

Certaines réactions peuvent aggraver le traumatisme de l'enfant, lui faire perdre confiance en les adultes, et le décourager de parler et/ou de porter plainte. Voici ce qu'il vaut mieux éviter :

Ne montrez pas de choc ou de dégoût. L’enfant a besoin d’un adulte calme, sur qui il peut compter à ce moment-là.

Ne lui coupez pas la parole et ne parlez pas à sa place. Laissez-le s’exprimer avec ses propres mots, à son rythme, sans combler les silences.

Évitez les mots qui peuvent l’effrayer, comme « viol », « inceste » ou « agression ».

Ne jugez pas, ne doutez pas, ne commentez pas. Ne remettez pas en question ce qu’il dit (« tu es sûr que c’était ton oncle ? »), n’interprétez pas, et ne montrez pas votre désapprobation envers la personne désignée. Elle peut être quelqu’un que l’enfant aime, même si elle lui a fait du mal. Évitez aussi les phrases comme « comment as-tu pu le laisser faire ça ? » ou « pourquoi tu ne m’en as pas parlé avant ? », qui peuvent le faire culpabiliser.

Posez des questions ouvertes, pas orientées. Évitez « est-ce qu’il t’a touché ? » ou « c’est bien lui qui a fait ça ? ». Votre rôle n’est pas d’enquêter, mais de recueillir la parole de l’enfant.

Ne décidez pas à sa place. Respectez son rythme et sa place, en tenant compte de son âge et de sa maturité, c’est-à-dire sa capacité à comprendre ce qui lui arrive et à faire ses choix.

Ne lui faites pas peur. Évitez les phrases comme « c’est très grave » ou « il va aller en prison » ; l’enfant porte déjà beaucoup.

Ne le forcez pas à parler, dévoiler ou montrer quelque chose s’il n’est pas prêt.

Ne faites pas de promesses que vous ne pourrez pas tenir. Évitez de promettre que tout restera secret ; lorsqu’un enfant est en danger, certaines informations doivent pouvoir être transmises aux personnes capables de le protéger; expliquez lui.

N’agissez pas trop vite. Recevoir une telle confidence est bouleversant, et peut donner l’impression qu’il faut réagir dans l’instant, mais brusquer l’enfant peut être contre-productif. S’il n’est pas en danger immédiat, prenez le temps de l’écouter, de le croire, et de demander conseil à un service spécialisé (voir “Où trouver de l’aide?”).

Ces suggestions sont directement inspirées d’outils créé par le GAMS , le FCPPF & l’OMS

Idées reçues à déconstruire

Beaucoup de réflexes qui empêchent de croire ou d'aider un enfant viennent d'idées reçues, largement démenties par les faits.
Voici quelques-unes des plus courantes, pour apprendre à les repérer.

C’est l’un des préjugés les plus répandus : sous prétexte d’imagination débordante ou de besoin d’attention, la parole d’un enfant est souvent mise en doute.

En réalité, les fausses allégations sont très rares (2 à 6% selon les études, voir la section “Ce que disent les chiffres” de ce site) et ne viennent presque jamais de l’enfant lui-même, mais d’un adulte de son entourage. Les violences ne relèvent pas non plus d’une « mauvaise interprétation » d’un geste tendre. Elles s’inscrivent dans un rapport de pouvoir que l’enfant ne maîtrise pas, et les révéler demande à l’enfant un courage immense.

Croire l’enfant doit être votre réflexe, ne serait-ce que par précaution : mieux vaut qu’un adulte soit interrogé à tort que de laisser un enfant continuer à subir des violences.

En réalité, la plupart des enfants victimes se taisent longtemps, par peur, par honte, par dépendance envers l’agresseur, ou même par amnésie traumatique (un mécanisme de défense où le cerveau occulte temporairement le souvenir pour survivre au choc). C’est ce qu’on appelle le « chiffre noir » : ces violences vécues en silence, parfois jusqu’à l’âge adulte. Un enfant commence par dire juste une partie de ce qui lui est arrivé avant d’oser en dire plus.

Votre première réaction peut tout changer.

En réalité, les violences sexuelles touchent des enfants de tous les milieux sociaux, toutes origines et toutes situations familiales confondues. Certains facteurs, comme un handicap, un parcours migratoire, ou un placement en institution, augmentent la vulnérabilité, mais aucun enfant n’en est à l’abri.

C’est un problème de société qui exige la vigilance de chaque adulte, quel que soit son milieu.

Ce préjugé repose sur le mythe de l’agresseur inconnu rôdant, dans l’ombre de l’espace public ou dans une camionnette blanche.

En réalité, l’auteur est le plus souvent un proche de la victime (par exemple un ami ou un membre de la famille) qui utilise justement cette confiance pour isoler l’enfant et s’assurer son silence.

Ce climat de proximité rend la confidence extrêmement douloureuse pour l’enfant, qui peut craindre de faire du mal à l’auteur et à son entourage en disant ce qu’il s’est passé.

En tant qu’adulte confident, dépassez votre éventuel “conflit de loyauté” pour vous concentrer sur la protection de l’enfant.

En réalité, si personne ne réagit, l’agresseur peut continuer sans être inquiété. Ne rien faire, ce n’est pas neutre: cela laisse l’enfant en danger. À l’inverse, réagir correctement peut tout changer : ça permet à des professionnels formés d’intervenir, de protéger l’enfant, et de l’aider à s’en sortir.

Vous n’avez pas à gérer ça seul·e. Des services spécialisés existent pour vous conseiller et vous accompagner (voir « Où trouver de l’aide ? »). Dites à l’enfant qu’il a bien fait de vous en parler, et expliquez-lui simplement que vous devez en parler à des personnes dont le rôle est de le protéger..

Ce préjugé est renforcé par des représentations sexistes dans la société et mène à une hypersexualisation de l’enfant. Il consiste à transférer la culpabilité sur la victime pour décharger l’auteur.

En réalité, un enfant ne peut jamais être « consentant » face à un adulte, quel que soit son comportement. En dessous de 14 ans, aucun consentement n’est possible ; en cas d’inceste, jamais non plus, quel que soit l’âge.

La responsabilité repose entièrement sur l’adulte, qui abuse de sa position de pouvoir. Si l’enfant a intégré ce préjugé, rappelez-lui clairement : « Ce n’est pas de ta faute, tu n’y es pour rien. »

Lors de violences sexuelles entre enfants, il peut être tentant de les qualifier de qualifier de « jeu » ou de « bêtise » pour éviter d’alarmer l’entourage, d’entrer en conflit avec d’autres parents, ou d’étiqueter un jeune comme agresseur sexuel.

En réalité, s’il existe une sexualité exploratoire normale à chaque âge, elle doit être distinguée de comportements transgressifs ou forcés. Une partie des violences sexuelles sur mineurs sont commises par d’autres mineurs, souvent des jeunes qui reproduisent ce qu’ils ont eux-mêmes subi.

Accueillez la parole de l’enfant victime avec le même sérieux que s’il s’agissait d’un adulte. Faites appel à une équipe spécialisée qui saura évaluer la situation et proposer un accompagnement adapté à chacun des enfants (voir “Où trouver de l’aide?”)

Où trouver de l’aide ?

Appelez le 112 (numéro d’appel d’urgence) si l’enfant a besoin d’une aide médicale urgente, si quelqu’un est blessé, inconscient ou en danger grave.

Attention : recevoir la révélation d’un enfant victime de violences sexuelles est bouleversant et incite souvent à agir dans l’urgence. Cependant, agir trop vite peut braquer l’enfant et s’avérer contre-productif. Si l’enfant n’est pas en danger imminent, prenez le temps de l’écouter, de le croire et de demander conseil à un service spécialisé.

Appelez le numéro 103 ou tchattez avec eux via www.103ecoute.be

Le 103 est un service d’écoute gratuit et anonyme, accessible de 10h à minuit tous les jours pour les enfants et leur entourage. Ses professionnels vous écoutent, vous soutiennent et vous orientent.

L’anonymat peut exceptionnellement être levé dans des conditions spécifiques: selon le niveau de danger, seulement si vous êtes d’accord et/ou dans l’impossibilité totale d’agir vous même.

Attention : le 103 est un service d’écoute et d’orientation. Les intervenants ne se déplaceront pas et ne préviendront ni la police ni un juge. Ils vous expliqueront comment contacter les services habilités à intervenir.

  • Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS) : les violences sexuelles sur l’enfant ont eu lieu il y a moins d’un mois ou vous ne savez pas quand elles ont eu lieu ? Les CPVS proposent un accompagnement médico-légal, psychologique et social. Il en existe 10 en Belgique en 2026 et il y en aura 13 en 2027. Ces centres sont ouverts 24h/24 et 7jours/7 : https://cpvs.belgium.be/fr/contact
  • SOS Viol : vous avez besoin d’être écouté·e, informé·e, orienté·e ? Le numéro vert 080098100 et le tchat de SOS Viol proposent une aide spécialisée, gratuite, anonyme et confidentielle pour toute personne concernée par la violence sexuelle, victimes et entourage. Le service propose également des consultations psychologiques et un accompagnement social . https://www.sosviol.be/
  • SOS Inceste : les violences ont lieu, ou pourraient avoir lieu, dans le cadre familial ? SOS Inceste accompagne les victimes dès 15 ans et leur entourage. https://platformbxl.brussels/fr/repertoire/sos-inceste-belgique
  • Brise le silence : cette confidence vous bouleverse ? Brise le silence écoute et accompagne les victimes de violences sexuelles mais aussi leurs proches (professionnel·les ou privés) https://www.briselesilence.be/
  • Les équipes SOS Enfants : vous êtes inquiet·ète que l’enfant ait vécu des violences sexuelles ? Les équipes SOS Enfants analysent la situation et peuvent proposer une prise en charge. Elles ont pour mission de prévenir et traiter les situations de maltraitance envers les enfants. 15 équipes sont agréées au sein de la Fédération Wallonie Bruxelles  : Les équipes SOS Enfants – Professionnel – Office de la naissance et de l’enfance Il existe également un tchat www.maintenantjenparle.be, dédié aux victimes mineur·e·s de violences sexuelles et à leur entourage.
  • GAMS (Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles) : l’enfant risque de subir, ou a subi, une mutilation génitale féminine (MGF) comme l’excision. Le GAMS accueille et accompagne les personnes concernées par ces pratiques (accompagnement psychologique, juridique et social), sensibilise et forme les professionnel·les, et informe les familles sur la loi belge, qui interdit et punit les MGF. https://gams.be/
  • Child Focus, la Fondation pour les Enfants Disparus et Sexuellement Exploités, offre information, soutien et orientation aux enfants, aux familles et aux citoyens confrontés à une situation de disparition ou d’exploitation sexuelle (en ligne ou hors ligne) impliquant un mineur. Son équipe est disponible 24h/24 et 7j/7 via le numéro gratuit 116 000
  • Lawyers Victims Assistance : vous vous interrogez sur les démarches judiciaires ? Ce dispositif permet d’être accompagné·e, dès les premières démarches, par un avocat formé à ces questions. https://barreaubruxelles.be/actions-projets/lawyers-victims-assistance-ne-restez-pas-seule-face-%C3%A0-la-violence

Ces services ont des missions différentes et complémentaires
Si vous contactez le premier service qui vous semble accessible, les professionnel·les pourront vous écouter, vous donner les premières informations et vous orienter vers une autre aide si celle-ci est plus adaptée.

  • Le Service d’Écoute et d’Orientation Spécialisé (SéOs), propose une ligne téléphonique et un chat, gratuits et anonymes. C’est un service d’écoute, d’information et d’orientation destiné à toute personne qui se questionne sur les limites de la sexualité, le consentement, des comportements sexuels potentiellement inadéquats ou des fantasmes préoccupants. Le service s’adresse aussi aux proches et aux professionnel·les confronté·es à ces questions. https://seos.be/
  • Stop it now propose une ligne téléphonique et un chat, gratuits et anonymes. Ce dispositif de prévention s’adresse aux personnes préoccupées par des attirances, pensées ou comportements sexuels impliquant des enfants (moins de 18 ans). Il vise à prévenir les violences sexuelles et les éventuels passages à l’acte. Il s’adresse aussi aux proches qui s’inquiètent du comportement d’une personne et aux professionnel·les en recherche d’information ou d’orientation.  https://stopitnow.brussels/

 

Ce que disent les chiffres

Les violences sexuelles sur les enfants restent taboues, et une grande partie reste invisible. C'est le "chiffre noir" : ces violences jamais révélées par peur, honte, ou oubli (amnésie traumatique). Publier des chiffres reste essentiel pour briser le déni social. C’est pour protéger chaque enfant derrière ces chiffres que votre rôle de confident compte tant.

1 enfant
sur 5

subit des violences sexuelles avant 18 ans dans le monde : 1 fille sur 5 et 1 garçon sur 6.

Source

9% de la population belge

déclare avoir vécu l’inceste durant son enfance : 1 fille sur 8, et 1 garçon sur 16. Ce chiffre de 9% inclut les cousins/cousines comme auteurs, non considérés dans la définition légale.

Source

94 à 98%

des révélations en matière d’agressions sexuelles sur enfants sont fondées. Il faut croire les enfants par précaution et parce que les fausses allégations sont extrêmement rares (entre 2% et 6% selon les études) et quand il y en a, elles ne viennent presque jamais de l’enfant, mais d’un adulte de l’entourage.

Source 1, Source 2, Source 3

Près d'1 enfant
sur 2

victime d’inceste garde le silence toute sa vie (40 % exactement).

Source

Plus de 3 personnes sur 10

qui se présentent dans un Centre de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS) en Belgique sont des enfants (31,9%)

Source

Près de 3 fois plus

de risques pour un enfant en situation de handicap d’être victime de violences sexuelles par rapport à un enfant sans handicap (2,9 fois). Ce risque est même 4,6 fois plus élevé pour les enfants présentant une déficience intellectuelle et grimpe à 6 fois plus pour les filles.

Source

Témoignages

Ces témoignages ont été partagés anonymement par des personnes qui ont été confidentes d'un enfant victime de violences sexuelles et des professionnels qui les ont soutenus. Ils montrent que vous n’êtes pas seul·e, et que malgré les difficultés, il est possible d'agir.

Ma filleule avait 4 ans. Je l'ai crue, et je n'ai rien lâché.

Ma filleule de 4 ans m'a confié que son parrain l'avait touchée. J'étais folle de colère, mais j'ai gardé mon calme et j'ai soutenu sa maman pour porter plainte, malgré les menaces reçues. Le dossier est resté bloqué longtemps... jusqu'à ce qu'un ami juriste nous aide.

J’étais aide familiale, je n'étais pas de la famille… et pourtant, j’ai fait bouger les choses.

Je travaillais comme aide familiale, et j'ai découvert que les enfants de ma bénéficiaire vivaient des violences sexuelles. Mon assistante sociale m'a dit qu'on ne pouvait rien faire… Mais je ne pouvais pas m’y résigner : j’ai appelé les services compétents. Un des enfants a pu être protégé. Je n’étais pas de la famille, et pourtant j’ai fait bouger les choses. Si un enfant vous parle, croyez-le.

J’avais 22 ans, je débutais en tant qu’éducatrice. J'ai cru deux adolescentes. Mes collègues m'ont traitée de naïve.

J'avais 22 ans, je débutais en tant qu’éducatrice. Deux adolescentes de 16 et 17 ans revenaient d'une fugue et m’ont confié avoir été agressées sexuellement. Une collègue m'a dit de ne pas les croire. Je les ai emmenées au commissariat quand même. Le lundi suivant, en réunion, mes collègues se sont moqués de moi et m'ont traitée de naïve. Aujourd'hui, je suis devenue psychologue et je le redis : il n'existe pas de profil-type de victime. Si un enfant se confie à vous, écoutez-le et croyez-le.

Une élève de 17 ans m'a confié un viol. Elle voulait juste être entendue.

Une élève est venue me voir à la récréation. Elle m'a raconté avoir été violée lors d'une soirée. J'avais très peur de mal réagir. Je lui ai dit que je la croyais, et je lui ai demandé ce qu'elle attendait de moi. Elle m'a répondu : “juste que vous m’écoutiez et me croyiez”. J'ai cherché des contacts utiles auprès de collègues, je lui ai transmis, et je lui ai dit qu'elle pouvait revenir vers moi si besoin.

Quelques jours avant Noël, notre fille a révélé l'inceste de son grand-père. On était sous le choc… On a mis du temps à réagir.

À l'approche de Noël, ma fille nous a révélé les gestes de son grand-père. Sous le choc, nous avons d'abord maladroitement minimisé… ce que je regrette aujourd'hui. Un psychologue nous a aidés à passer à un “je te crois” inconditionnel, sans réserve. Ce soutien a été essentiel pour retrouver le lien avec notre fille. Vous aussi, faites-vous aider. Vous n’êtes pas seul·e.

Mon petit-enfant m'a confié son secret.

J’ai le bonheur d’être grand-père. Un samedi, mon petit-enfant m'a confié son “secret”. J'étais pétrifié. Comme sa maman arrivait, mon petit-enfant s'est tu et j'ai respecté son silence. Le lundi suivant, l'enfant en a parlé à sa maman et j'ai pu confirmer ce qu'il m'avait confié le samedi. Mon conseil: tout écrire, ne jamais lâcher, contacter les associations d’aide. Vous n’êtes pas seul face à cette horreur.

3 ans après, je me questionne encore sur ce qu'on aurait pu faire de mieux.

J'ai accompagné une jeune de 16 ans, porteuse d'un handicap mental, à un rendez-vous au CPVS (Centre de prise en charge des violences sexuelles). Démunie face à la situation, j'ai vu la psychologue gérer la crise avec bienveillance. Les examens médicaux ont été très difficiles à vivre pour la jeune. 3 ans après les faits, je me questionne encore sur ce qu'on aurait pu faire de mieux. Mon conseil: entourez-vous de professionnels.

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